Hommage à Stéphane Levêque par Roseline Giusti

Article initialement paru dans La Dépêche du Midi du 16 janvier 2013 sous le titre « Gerde. Hommage à Stéphane Lévêque, un homme de talents » :

Le nom de Stéphane Lévêque était avant tout attaché au Salon du livre de Bagnères. Il en était le président (1). Voilà trois ans qu’il menait cette entreprise avec succès, soucieux de donner à la manifestation l’ampleur qu’elle méritait. Stéphane aimait la littérature. Archéologue de profession, responsable d’opérations à l’Inrap (2) pour le Grand Sud-Ouest, il avait fait paraître, en plus d’articles scientifiques dans son domaine, un intéressant «Brèves d’archéologie», aux éditions Edicité. À cela s’ajoutaient des nouvelles et des textes poétiques qu’il écrivait, presque en secret, depuis l’âge de 16 ans. Un dernier recueil devait donner lieu à une lecture publique et à une édition. Certains poèmes, plus anciens, illustrés par des peintres bigourdans, avaient été publiés. Son amour des arts l’avait, en effet, rapproché des artistes qui prisaient son goût sûr et son flair pour le coup de patte original. Stéphane Lévêque comptait aussi parmi les membres de la Société Ramond et rêvait pour elle de projets d’avenir. Il animait avec brio les cafés philo (3), doué qu’il était pour le maniement des idées. Généreux de son savoir et de son temps, il avait eu également l’occasion d’initier des jeunes à l’histoire locale (avec l’association Alpage), celle des Courtaou en particulier, dont il avait entrepris le recensement. Passionné, bouillonnant d’idées et de projets, il apportait sa réflexion dans les Ateliers du patrimoine ou aux Assises de la culture. Taiseux, il savait être éloquent si besoin. Doux et affable, il pouvait prendre position avec ténacité. Chacun croyait le connaître, mais l’homme ne se livrait jamais tout entier. Ceux qui le côtoyaient comprenaient vite qu’ils avaient affaire à un personnage hors du commun et mystérieux. Au fond de lui, l’homme était intranquille. Le monde n’était-il pas à la hauteur de ses exigences, ne satisfaisait-il pas entièrement celui qui, enfant, voulait être amiral ? Son décès subit, inattendu et injuste, laisse dans le chagrin son épouse Cécile Ferber-Lévêque et leur fillette de 8 ans, Albane, ainsi que ses trois grands enfants nés d’une première union, Aurélie, Raphaël et Coline. Nous nous associons grandement à leur peine.

Roseline Giusti

(1) Et avec Sylvio Brianti, le cofondateur, au sein de l’association Binaros.
(2) Institut national de recherches archéologiques préventives.
(3) Ces réunions avaient lieu au café des Thermes puis chez P. de Belfond.


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